Introduction
Combien faut-il écouter ? Combien faut-il parler ?
Peut-on vivre et se développer sans questions ?
Pourquoi l'Apprenti fait-il silence alors qu'il a des questions ?
Existe-t-il des questions sans réponses ?
Qu'est-ce qui ouvre le dialogue ? Les affirmations ne génèrent-elles pas un monologue et les questions un dialogue ?
Quand les gens arrêtent-ils de se parler ?
Que pensez-vous de ceux qui ne cessent de donner des réponses ?
Quelle est l'attitude du Maître ?
La question préside-t-elle à la connaissance ?
Pourquoi notre rituel comporte-t-il beaucoup de questions-réponses ?
Les questions sont-elles un jeu ?
Mes FF:., je pourrais poursuivre cette liste encore bien longtemps, tant sont nombreuses les questions qui se posent à nous. Pourtant, posons-nous autant de questions à la vie, à nos congénères, à nous mêmes ? Le point de départ de ce travail est loin d'être une série de questions auxquelles je tenterai d'apporter réponse. Non. Ce thème m'occupe depuis des années car j'ai évolué dans une monde où j'ai toujours donné à l'être humain la place centrale.
Tout ce que nous voyons et avec quoi nous interagissons à longueur de journée vient de là : de l'être humain et de son incroyable soif de progrès. Or vivre et travailler avec des êtres humains requiert beaucoup d'attention. Et l'intérêt que nous portons à nos interlocuteurs permet de développer les liens et avec eux les chances d'apprendre, d'évoluer, de réaliser.
Je me souviens qu'à la remise de mon diplôme de communication en 1985, mon professeur universitaire de Marketing m'a fait passer un message : l'écoute est une clé de la réussite. C'est aussi avec lui, ainsi qu'avec mes professeurs de psychologie et de communication que j'ai découvert qu'une bonne écoute était en fait active. En d'autre terme, en écoutant, on interagit avec son interlocuteur et quel meilleur moyen pour structurer l'échange que de poser des questions… Quelques années plus tard, je faisais les écoles de ventes de Canon, Minolta et Berlitz. Et là encore j'apprenais que celui qui mène, c'est celui qui pose des questions. Oh bien sûr, ce ne sont pas n'importe quelles questions. Et lorsque l'empathier flirte avec la rhétorique flirte on est pas loin de l'art…
Par ailleurs, pour mon propre développement, je me pose tous les jours de nouvelles questions. Mais en ai-je pour autant les réponses ? Et d'ailleurs, lorsque je me pose des questions, à quelle partie de moi s'adressent-elles ? Et lorsque je pose de grandes questions, n'est-ce pas plutôt vers l'univers tout entier que je les poste ?
Je me pose des questions mais posé-je aussi assez voire les bonnes questions ? En tous cas, le sujet est vaste comme vous pouvez le constater mes FF:. Si vaste que ce tracé ne peut se faire que sans ambition et propose ains une promenade discursive dont le seul et unique mérite sera… de poser des questions !
Le monde des Questions
En arrivant à la Maçonnerie, je me pose des questions. Certaines ont des réponses parce que j'ai lu des livres et me suis documenté. Mais vous souvenez-vous chacun de votre première rencontre avec un F:. ? Etait-ce à l'origine une rencontre privée ou professionnelle, par hasard et purement profane ou était est-ce dans le cadre de votre démarche de candidat ? Avez-vous pu poser vos questions ? Vous a-t-on posé des questions à votre tour ? En est-il résulté un dialogue et vous êtes-vous couché ce soir là en ayant l'impression d'avoir fait un pas dans votre vie ? Les questions vous ont-elles fait progresser ?
En séjournant dans le Cabinet de Réflexion, vous êtes vous posé des questions ? Vous a-t-on posé des questions ? Que sont devenues ces questions aujourd'hui ? Et vos réponses d'alors ? Qu'en subsiste-t-il ? Quel chemin avez-vous parcouru depuis ? Pourriez vous le résumer en une phrase ? Avez-vous de nouvelles questions ou sont-ce toujours les mêmes ?
Mes FF:., en frappant à la porte du Temple, n'était-ce pas une question que vous posiez ? Et que vous êtes-vous dit ? Et qu'avez-vous entendu ? D'autres questions ? Avez-vous répondu ou a-t-on répondu pour vous ? Pourquoi ? Etes-vous entré au Temple et vous a-t-on posé d'autres questions ? Et pendant l'Initiation, quelles questions vous-êtes vous posées ?
Et votre premier grade, ne l'avez-vous point passé quasiment muet, à observer et écouter ? Vous êtes vous alors posé beaucoup de questions ? Où êtes-vous aujourd'hui ? Quelles étapes avez-vous franchi depuis ? Pendant la période de son Apprentissage, le jeune maçon n'a effectivement que peu l'occasion de poser des questions. Du moins en Loge. Comme pour lui rappeler pendant un temps suffisamment long, qu'il n'est point besoin de se précipiter, de tout comprendre d'un coup d'un seul, mais bien juste de se poser, de calmer en lui l'agitation profane pour se pénétrer petit à petit de l'univers de la FM:. en général et celui de sa Loge en particulier. Ses questions sont plutôt réservées à son Parrain et son Instructeur. Elles sont également utiles entre AA:. pour s'interroger et mutuellement se faire progresser.
Et en étant reçu Compagnon, que s'est-il produit ? A quelles questions avez-vous été confronté ? Et lors de votre Elévation à la Maîtrise ?
Par ailleurs, pour rédiger vos Morceaux d'Architecture, n'est-ce point une série de questions qui se sont posées à vous et vous ont permis de cheminer vers la conclusion de votre Tracé ? Mes FF:., lorsque la parole circule dans certains ateliers après un Tracé, n'est-il pas plus élégant d'apporter votre petite pierre à l'édifice en retournant une question au F:. Plancheur, même si le but n'est pas la discussion mais le progrès, l'évolution ?
La question contient éthymologiquement la quête, c'est à dire le chemin que vous allez parcourir et qui donnera un sens à votre démarche et à votre vie. La question est une quête et comme vous le savez, une question en amène une autre et avec elle le dialogue. Une question appelle une réponse mais y a-t-il des questions ultimes ? Y a-t-il des réponses ultimes ? La question a le mérite immense de générer du sens, de permettre de comprendre et ainsi faire un pas vers la Vérité. Mais qui peut prétendre l'avoir jamais atteinte ? Ainsi la question a un double mérite : celui de poser ou de donner du sens et celui de rester humble… Mes FF:., écoutez, entrez en vous même et voyez comme non seulement la question est vaste mais combien elle est importante, dans nos vies profanes et maçonniques.
Mes FF:., une demande, une prière, une interrogation sont autant de questions. Le monde des questions est notre monde. Cultivons le. Travaillons les questions en nous. Non moins pour y trouver réponse mais pour les éprouver. Car encore faut-il poser les bonnes questions. Même si toute question est légitime, posée dans la hâte elle peut perdre de son sens quelques minutes plus tard. Nous avons coutume de dire qu'il n'y a point de question stupide, il n'y a que des réponses idiotes… Poser les bonnes questions est un véritable travail. Que celui-ci ne soit point sous-estimé. Les bonnes questions sont peu nombreuses mais elles sont essentielles. Essentielles pour chacun d'abord, essentielles au groupe ensuite, lorsqu'elles sont partagées et nous font ainsi progresser. Plus d'un F:. parmi nous aura réalisé un bon travail maçonnique pour déboucher finalement sur une nouvelle question, plus centrée, plus essentielle et aura peut-être même conclu sur cette question.
Pour clore ce chapitre sur le monde des questions, je vous propose quelques annagrammes du mot Question :
Ontiques. Au pluriel. Relatif aux objets du monde
Quêtions. Quête à plusieurs.
Toniques. Encore au pluriel. Souligne la dynamique, le mouvement qu'imprime le mot Question…
Quelles Questions ?
Pour les plus expérimentés et les plus avertis d'entre vous, vous saurez combien l'art de poser des questions et l'écoute active sont de puissants outils des relations humaines. Car en réponse à la question : comment poser des questions ou encore comment poser les bonnes questions on pourrait répondre par un ouvrage de quelques volumes ou encore des séminaires de plusieurs jours. Bien sûr, il est difficile voire périlleux de résumer, quand bien je le pourrais, un tel contenu en quelques mots. Pourtant, nous pouvons poser quelques questions supplémentaires pour faire avancer nos réflexions…
D'abord par exemple on peut se demander : Quelqu'un qui pose des questions est-il plus ou moins intelligent que quelqu'un qui n'en poserai que peu voire pas du tout ? Pouvez-vous concevoir des relations sans questions ? Qu'en résulterai-t-il ? Comment poser des questions ? Questions ouvertes ou questions fermées ? Questions répétées ou distillées ? Comment poser les bonnes questions ? Faut-il une éducation supérieure pour poser de bonnes questions ? Les questions, pourquoi faire ?
N'est ce pas valoriser l'autre ou tout simplement lui donner une certaine place, la sienne, dans un échange que de poser des questions ? Questions pour s'intéresser à l'autre ? Questions pour comprendre ou questions pour progresser ? Les bonnes questions ouvrent et permettent de récolter des informations.
Poser des questions pour reformuler permet d'être sûr de ce qu'on a compris. En posant des questions, je manifeste à mes interlocuteurs que je leur porte un intérêt. Tout simplement. Je signalise donc quelque chose. De même, je montre l'exemple et par le simple fait de poser des questions, je les invite à faire de même. Nous avons tous fait l'expérience de conversations qui avaient du mal à démarrer parce qu'on n'avait rien à se dire, en réalité parce que personne ne faisait le premier pas vers l'autre en lui manifestant un peu d'intérêt…
Ce qui est magique, c'est que par des questions, n'importe qui peut lancer ou participer à une conversation. Car la question est toujours légitime pour celui qui la pose mais si parfois elle peut paraître incongrue. Elle peut réunir en quelques instants une sommité mondiale dans son domaine avec un jeune novice. Et savez-vous mes FF:. qui sont les champions du monde des questions ? Sont de grands managers ou de vieux sages ? Non, mes FF:., ce sont les enfants ! Car s'ils sont le plus souvent d'une implacable logique et que poser des questions éduque leurs cerveaux, ils demeurent simples dans leur approche et témoignent d'un immense bon sens. Et le bon sens est la plus formidable intelligence, celle que l'on partage le mieux, celle qui est à la portée de tout le monde et à laquelle chacun de nous peut et doit participer. Et mes FF:., je suis persuadé que par ce jeu des questions-réponses, par l'application naturelle de notre bon sens, nous participons non seulement de notre éducation mais encore de la formation d'une intelligence collective dont les médias sociaux qui envahissent l'internet et les relations humaines vraies sont les plus beaux exemples.
Ces quelques éléments auront éclairé nos esprits le temps de cette promenade en monologue(s) mais vous l'aurez compris mes FF:., les questions sont également le meilleur moyen de lutter contre les prejugés, de transformer notre communication, de nous ouvrir, de partager et de construire. La question, vecteur de progrès ? Bien sûr mes FF:., 3 fois “oui” !
Beaucoup de questions restent bien sûr sans réponses, mais une dernière question avant ma conclusion me brûle les lèvres : tailler sa pierre n'est-ce pas précisément se poser les bonnes questions et agir au fur et à mesure de son évolution ?
Conclusion… en question(s)
Après cette petite excursion de la question en questions, j'invite chacun à se poser alternativement… des questions (what else) puis à débrayer pour contempler le monde qui l'entoure tel qu'il est et qui sait, peut être juste cueillir des réponses.
Le monde ne se porte-t-il pas mieux lorsque les questions se partagent alors que les reponses seraient plutôt à considérer sous l'aspect individuel ?
Poser des questions c'est marcher vers le progrès. Recevoir les réponses, c'est intégrer les choses pour son progrès personnel. Poser des questions est une bien belle façon d'aller vers autrui, de créer, mettre en en route les choses. Mais poser des questions engage aussi, dévoile même et en tout état de cause, poser des questions ouvre.
Les questions nous accompagnent mes FF:., nous Maçons tout particulièrement. Et il nous faut bien accepter de parfois se mettre en veille, ne serait-ce que pour rythmer nos vies. Il y a cependant dans la question une magnifique approche de l'autre, un acte d'amour voire une énergie bien réelle. La question est un élément dynamique, elle créé, elle transforme.
Ne pas poser de questions est bien triste et bien grave, qu'en pensez-vous ? Et ne pas se poser de questions, n'est ce pas en soi un acte contemplatif soit une preuve de pauvreté d'esprit ? Les réponses sont en chacun et je ne peux que vous inciter à poursuivre cette promenade de questions en vous même.
Pour finir ce tracé un peu particulier. j'en conviens, je soumets à votre esprit le proverbe arabe qui dit : Tu es maître de ton silence mais tu es esclave de tes mots… Dès lors, quid de nos questions ?
Vén:. M:. en Ch:., j'ai dit !
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L'Orateur de la Tolérance
21.02.2010
LD